Nuit paisible, sans vent !!! Quel plaisir ce matin de sortir du camion sans se faire arracher la tête par une bourrasque .
Aujourd'hui, destination inconnue , on va aller se perdre dans les reliefs avant Akjoujt pour laisser filer tranquillement nos derniers jours en Mauritanie, ceux qu'on avait gardés en réserve en cas d'imprévu et qui ne nous ont pas servis.
Le ciel n'a pas encore récupéré tous les lambeaux de nuages qui tamisent le soleil et donnent au paysage une jolie teinte pastel. Passé un petit col, nous avons l'embarras du choix pour un itinéraire qui ne croisera ni traces Vibraction, ni traces Gandini, ni traces Pistenkuh et son cortège de gros camions allemands .
Images bucoliques d'un chamelon qui tète sa mère (on n'a vraiment rien d'autre à faire ), de cabris qui cabriolent dans les calotropis, bref, c'est calme
On n'aura pas trop de difficultés à trouver un bivouac sympa dans un bosquet coupe vent entre les dunettes et face à ce rocher qui semble drapé dans de la panne de velours. La journée s'annonce rude
MERCIIII, je me suis régalllllé !! ça m a rappelé les excellentes Mauritanie faites avec Ed & Nad
Même si je trouve que le pays se dégrade quant aux relations humaines, il n'en demeure pas moins un superbe pays, facile d accès. encore merci pour ce reportage au jour le jour fabuleux.
Nous avons délibérément choisi cette année de nous écarter le plus possible des circuits empruntés par les touristes, ou les voyageurs, peu importe comment on les appelle. Nous avons aussi choisi la lenteur.
Le regard que l'on porte sur un pays est forcément subjectif et dépend de l'approche que l'on en a.
Nous n'avons rencontré que de la gentillesse, de la curiosité de bon aloi à notre égard, nous avons échangé dans la bonne humeur et parfois au second degré. Nous avons été maintes fois invités à boire le thé, même si nous avons souvent refusé. Les gens nous ont salués, nous ont souhaité la bienvenue, ne nous ont jamais rien demandé.
Quelques anecdotes...
Autour des puits où étaient concentrés les énormes troupeaux de bovins, nous avons rencontré un jeune Mauritanien parlant parfaitement anglais (étudiant à Nouakchott). Il s'étonnait de notre présence à cet endroit. Nous lui avons parlé de l'attitude des Mauritaniens dans les zones fréquentées par les étrangers. Il s'est excusé pour eux !!! Il nous a dit " les Mauritaniens ne sont pas comme ça".
Un imam dans un village perdu a absolument voulu faire une photo avec nous.
Nous avons eu beaucoup de mal à nous défaire de Papy gâteaux qui voulait à tout prix nous remettre sur le droit chemin pensant qu'on était égaré.
Il nous est arrivé de bivouaquer à proximité d'un campement de bergers : personne n'est venu nous voir.
A Tinigui un paysan était très fier de nous montrer son jardin.
A Chinguetti, le propriétaire du jardin à côté duquel nous avions posé le bivouac nous a apporté des légumes et invité chez lui le lendemain matin pour boire le thé. Nous y sommes allés. Nous avons parlé de tout et de rien pendant 2 heures. Il était très curieux, nous a posé des tas de questions sur la France, avions-nous des chèvres ? Des moutons ? Des dunes...
Dans un oued, nous avons croisé 3 petits garçons sur leurs ânes. A notre vue ils ont sauté de leurs montures et sont partis se cacher derrière des buissons. Cela change de l'attitude de ceux qui nous font des doigts d'honneur, nous crient des insultes et nous jettent des cailloux dès qu'on arrive dans l'Adrar... Mais c'est l'Adrar...
Nous avons consacré l'après-midi à nous remplir les yeux du paysage qui nous entoure et qui prend parfois des airs de Mongolie miniature.
Un oiseau qui fait la roue pour séduire la belle dans l'arbre au-dessus du camion, une pomme de calotropis qu'on éclate involontairement et qui laisse échapper une myriade de petits parachutes duveteux, le vent qui s'amuse à décoiffer les dunes, 2 moula-moula qui jouent à celui qui sera le plus effronté et s'approchera le plus de notre table...Qu'on est bien...
Ce matin, le bivouac est d'un calme quasi surnaturel. Espérons que ce n'est pas le calme avant la tempête
La bande son s'intitule "grimper la dune en courant au réveil pour ne pas rater les lumières"
Et nous levons le camp, direction Akjoujt pour un petit ravitaillement. Après quelques km nous récupérons une piste qui va nous ramener sur le goudron.
Le paysage n'a plus rien à voir, au propre comme au figuré. Ah si. Des chameaux ! Quelle surprise !
1 heure après nous sommes à Akjoujt : panne générale d'électricité, nous ne pourrons pas faire le complément de gas oil. Heureusement dans les épiceries les caisses enregistreuses fonctionnent
L'épreuve du jour consiste à se rapprocher de l'erg Amatlich dont nous sommes séparés par un reg de 30km. Nous cherchons la meilleure option pour l'atteindre. A mi chemin nous longeons un oued bien pourvu en végétation mais pauvre en ombre. Le vent s'est levé. Il nous faut ruser pour conjuguer ombre et abri du vent.
Sur la piste, un camion citerne passe pour aller ravitailler en eau les quelques villages qui se trouvent un peu plus loin.
Il n'y a pas que les photos qui sont plus belles quand le vent ne souffle plus
Cet après-midi nous avons parcouru une trentaine de km sur des pistes roulantes dans un reg qui longe les dunes de l'Amatlich. Beaucoup de campements tout le long du trajet et 2 beaux convois de chameaux croisés en cours de route d'une soixantaine de bêtes chacun menés par plusieurs chameliers.
En fin d'après-midi nous nous rapprochons des dunes pour choisir un bivouac 1ère classe. Cet erg est toujours aussi photogénique sous les différentes lumières de la journée. Le vent est tombé, la température est idéale
Les images sont belles, bien sûr.
Mais la langue est belle aussi, et cela est plus rare en ces temps de tyrannie de l'image exercée sur nos sociétés.
Je goûte l'intelligence et la mesure des propos, la recherche formelle, le choix des mots justes, la pointe d'humour, voire parfois d'ironie, qui animent un texte écrit avec le souci et le respect de la sémantique autant que de la syntaxe.
Merci à vous, Ivecogitation, pour cette lecture qui génère également nos propres images mentales, toutes aussi belles que vos photos.
Toyota Hilux DC et Modulidea Mocamp "light" auto-aménagée
Réveil tranquille dans les dunes ce matin, encore quelques images pour le plaisir des yeux
Nous prenons la direction du goudron par une piste très roulante. Nous allons jeter un œil à quelques constructions qui paraissent assez récentes. Les maisons sont plutôt bien faites, tout est propre, une porte est ouverte et les agneaux sont dans l'enclos, mais nous ne verrons strictement personne
Une fois sur le goudron Pierre s'aperçoit qu'on a du mal à dépasser le 70km/h, pied au plancher avec une consommation instantanée de 12 litres, ce qui n'arrive jamais.
. On pense immédiatement au filtre à gasoil ce qui expliquerait les 2 ratées au démarrage de ces derniers jours. Ce matin on n'avançait pas dans un sable plutôt dur.
On prend prudemment la direction de Benichab et une fois en ville, nous changeons le préfltre à l'abri du vent derrière les boutiques.
Ça va tout de suite nettement mieux même s'il n'a pas toute sa puissance car le filtre d'origine doit être lui aussi colmaté. Ça ira pour rouler le goudron, nous prenons la direction de la frontière que nous pensons passer demain matin.
Il y a un peu de sable sur la route de Benichab...
@euro6 : je découvre votre post en publiant le mien : merci infiniment, tant mieux si l'amour des mots et de la phrase juste transpire un peu dans mes textes...
Ce soir nous sommes à l'auberge à Nouadhibou. Nous avons préféré faire l'impasse sur le bivouac qui était prévu dans les dunes. Nous n'avons pas eu d'autres problèmes cet après-midi, mais nous passerons au Maroc demain.
C'est donc la fin de ce beau périple. Je vous remercie de m'avoir suivie et encouragée à continuer ce journal de bord où j'ai essayé de vous transmettre les émotions et les coups de cœur qui ont jalonné le parcours.
Il est probable que ce voyage soit le dernier que nous ferons en Mauritanie, il est temps pour nous de découvrir d'autres horizons. Mais j'avais les larmes aux yeux en quittant Atar où j'ai coutume de dire que je connais plus de monde que chez moi !!
Pierre fera un montage des images les plus marquantes lorsque nous serons de retour chez nous. Je ne sais pas comment on peut faire passer ce sujet dans les voyages terminés.
L'aventure mauritanienne continue avec Kikoy, Claudius, Alinkonito... en attendant d'autres aventures !
Un très grand merci à vous deux pour le partage d'une façon de voyager / d'explorer pas si courante : de belles images, un beau récit ... un feuilleton passionnant ...
CS Reisemobile Indépendent 2022 sur Sprinter 4x4
Il était si bête que lorsqu'il disait quelque chose d'intelligent, il se retournait pour voir si ce n'était pas un autre. Georges Wolinski
Nous nous sommes loupés de très peu: pour vous dernier bivouac à Nouadibhou, pour nous le premier en Mauritanie derrière les dunes après 40km sur la route de Nouakchott. Nous allons piquer vers l'est et Ben Amira.
Du classique pour nous et pour un premier vrai voyage en Mauritanie. Et pas ces nouvelles au jour le jour grâce à sterling.
Merci de votre si beau récit. Je partage tout ce qu'a dit l'ami Euro6.
Je vous souhaite un passage de la frontière plus rapide que le nôtre 9h30/19h.
Bonne remontée du Maroc.
Claude.
Ford Ranger super cab + cellule autoconstruite = Euskal-Go-bi, la cellule du PaysBasque.
Quel plaisir de vous lire tous les jours et de nous avoir replonger un peu dans notre périple trés similaire d'il y a quelques mois... les photos, les textes, tout était superbe et si effectivement la décision est prise de ne plus y revenir, çà doit faire un sacré pincement au coeur... mais effectivement, il y a tellement d'autres pays à découvrir; Ce sont les personnes que l'on aime qui sont souvent la clef de nos émotions.
bon retour à vous !